Cochez les doses déjà reçues (d'après le carnet) pour voir ce qui reste à faire. Aucune donnée n'est enregistrée : tout s'efface à la fermeture.
- Ne jamais recommencer une série : on reprend là où elle s'est arrêtée.
- Tous les vaccins peuvent être donnés le même jour, sur des sites distants d'au moins 2,5 cm, sauf le PCV, toujours seul dans sa séance.
- Une infection mineure ou une fièvre ≤ 38 °C ne retarde pas le rattrapage.
- Après le rattrapage, reprendre le Calendrier National de Vaccination.
Vaccins prévus aujourd’hui
Questions avant de vacciner
Ne sont pas des contre-indications : vacciner
- Rhume, toux, infection respiratoire bénigne.
- Fièvre ≤ 38 °C ou infection mineure.
- Diarrhée, sauf pour le Rota (le différer en cas de diarrhée ou de vomissements).
- Prématurité ou faible poids de naissance : vacciner selon l’âge chronologique.
- Allergie non anaphylactique.
- Plusieurs vaccins le même jour, sur des sites distants d’au moins 2,5 cm (sauf le PCV, toujours seul).
- Enfant infecté par le VIH : calendrier habituel, sauf le BCG.
Les vraies contre-indications sont très rares. Les fausses contre-indications sont une cause majeure d’occasions manquées (Manuel PNI 2016).
Sources : fiches techniques des vaccins, Manuel pratique PNI 2016, p. 28 à 37 ; fiche technique GARDASIL® (circulaire DP-19/2022).
Contre-indications générales
Absolues (rares)
- Réaction sévère après une dose antérieure du vaccin (choc anaphylactique, collapsus…).
- Pathologie neurologique évolutive (vaccin anticoquelucheux à germe entier).
- Allergie au blanc d’œuf (RR). Allergie sévère à la gélatine (RR).
- Allergie à la néomycine (VPI).
Temporaires
- Fièvre supérieure à 38 °C.
- Dermatoses étendues.
- Corticoïdes (vaccins vivants atténués).
- Infection respiratoire aiguë grave, asthme grave.
Vaccins vivants atténués (BCG, VPO, RR, Rota) : contre-indiqués pendant la grossesse et en cas de déficit immunitaire sévère, acquis ou congénital.
Femme enceinte
- Vaccins vivants atténués contre-indiqués (rubéole, rougeole, tuberculose, VPO, rotavirus…).
- RR donné par mégarde pendant la grossesse : ne justifie pas d’interrompre la grossesse.
- Femme séronégative pour la rubéole dépistée pendant la grossesse : la vacciner avant sa sortie de la maternité.
- Le Td est recommandé pendant la grossesse (voir Routine, Femmes).
Personne immunodéprimée
- Vaccins vivants contre-indiqués si immunodépression ou statut immunitaire douteux.
- Vaccins inactivés recommandés : ils n’augmentent pas le risque d’effets indésirables.
- Corticoïdes par voie générale au long cours : pas de vaccin vivant.
- Déficit immunitaire congénital : la vaccination relève du spécialiste en immunologie.
Infection par le VIH
- Enfant infecté : calendrier habituel, sauf le BCG qui reste contre-indiqué. RR contre-indiqué seulement en cas de déficit immunitaire sévère.
- Enfant né de mère infectée : appliquer le calendrier sans délai, sauf le BCG et les vaccins viraux vivants. BCG décalé jusqu’à la preuve de non-contamination (2 PCR).
- Adulte infecté : vaccins vivants atténués contre-indiqués.
Prématuré et faible poids de naissance
- Faible poids : moins de 2 500 g. Prématuré : moins de 37 semaines d’aménorrhée (SA).
- Vacciner selon l’âge chronologique, pas l’âge corrigé.
- BCG dès la naissance si l’âge gestationnel dépasse 34 SA.
- Moins de 32 SA : première injection avant la sortie de néonatologie, sous monitoring pendant 48 heures.
- Prématuré de moins de 2 000 g né d’une mère porteuse de l’AgHBs : dose supplémentaire d’HB à 4 semaines.
Personne allergique
- Seules les réactions anaphylactiques sont de vraies contre-indications.
- Allergie supposée à un vaccin : préciser la réaction et adresser l’enfant au pédiatre.
- Ne pas vacciner pendant une poussée de la maladie allergique.
- Vérifier que le vaccin ne contient pas l’antibiotique en cause (néomycine…).
- Allergie non anaphylactique : antihistaminique recommandé le matin de la vaccination et les 2 jours suivants.
Source : Manuel pratique PNI 2016, p. 10 et 76 à 78.
Sources : fiches techniques et tableau des lieux d’injection, Manuel pratique PNI 2016, p. 28 à 37 et 72 ; fiche ROTASIIL-Liquid® (DP/19) ; fiche GARDASIL® (DP-19/2022).
Sites d’injection de l’enfant
Enfant vu de face : sa gauche est à droite du schéma.
Choisir le site selon l’âge
- Nourrisson et enfant de moins de 12 mois : injection IM dans la face antérolatérale de la cuisse. Le deltoïde n’est pas sûr (nerf radial superficiel, muscle trop petit).
- Enfant plus âgé, adolescent, adulte : le deltoïde (haut du bras) peut être utilisé.
Injections multiples
- Plusieurs vaccins peuvent être donnés dans la même séance, sauf le PCV, qui est toujours administré seul.
- Sur le même membre, séparer les points d’injection d’environ 2,5 cm (2 travers de doigt).
- Ne jamais mélanger deux vaccins dans la même seringue.
- Donner le VPO avant le Rota, et les injections par ordre de douleur croissante.
Avant de préparer
- Vérifier l’étiquette : le bon vaccin et, s’il y a lieu, le bon diluant du même fabricant.
- Vérifier la date de péremption du vaccin et du diluant.
- Vérifier la pastille de contrôle (PCV) et l’aspect du liquide : pas de particules, pas de dommage.
- Préparer chaque dose juste avant de l’administrer. Ne pas préremplir les seringues.
- Garder les flacons dans une cupule avec des glaçons, sans contact direct avec la glace.
Reconstituer le BCG et le RR
- Utiliser uniquement le diluant fourni pour ce vaccin, à la même température (+2 à +8 °C).
- Une seringue et une aiguille stériles par flacon. Utiliser tout le contenu de l’ampoule de diluant.
- Injecter le diluant contre la paroi du flacon, pas sur la poudre.
- Faire tourner doucement jusqu’à une suspension uniforme.
Jeter le vaccin reconstitué à la fin de la séance ou au plus tard 6 heures après.
Voie orale : VPO et Rota
- VPO : 2 gouttes sur la langue, sans contact avec le flacon. S’il crache, redonner 2 gouttes.
- Rota : 2 ml vers l’intérieur de la joue, nourrisson en position inclinée. Voie orale uniquement, ne jamais injecter.
- Si les deux sont prévus, donner le VPO en premier.
Intradermique (BCG)
- Enfant de profil sur les genoux de sa mère, bras et épaule dénudés.
- Tendre la peau à plat entre le pouce et l’index.
- Seringue presque à plat le long du bras, biseau vers le haut.
- Introduire l’aiguille juste sous la surface de la peau, seulement jusqu’au bout du biseau.
- Injecter 0,05 ml, puis retirer l’aiguille.
Ne pas enfoncer trop loin : l’injection deviendrait sous-cutanée.
Sous-cutanée (RR)
- Enfant de profil sur les genoux de sa mère, bras entièrement dénudé.
- Pincer la peau du bras pour la faire bomber.
- Enfoncer rapidement l’aiguille dans le pli, pointe dirigée vers l’épaule.
Intramusculaire (HB, VPI, Penta, PCV, DTC, Td, HPV)
- Nourrisson de profil sur les genoux de sa mère, jambe entièrement dénudée.
- Tendre doucement la peau entre le pouce et l’index.
- Introduire l’aiguille à 90°, d’un geste rapide, à travers la peau jusque dans le muscle.
- Ne pas aspirer. Injecter lentement.
Seringue autobloquante (AB)
- Une seringue et une aiguille neuves pour chaque enfant. Jeter tout emballage abîmé.
- Peau sale : la laver à l’eau. Une peau propre n’a pas besoin d’être désinfectée.
- Tenir le corps de la seringue sans toucher l’aiguille. Le piston ne fait qu’un seul aller-retour.
- Retirer l’aiguille vite et en douceur. Le parent appuie quelques secondes avec un tampon propre, sans frotter.
- Ne jamais laisser une aiguille dans le bouchon du flacon. Jeter la seringue dans la boîte de sécurité.
Flacons entamés
- VPO, VPI (5 doses), DTC, Penta, Td et HB : réutilisables jusqu’à 28 jours si la date de péremption n’est pas dépassée, si le flacon est resté entre +2 et +8 °C et si la PCV n’a pas viré.
- BCG et RR : jeter à la fin de la séance, au plus tard 6 heures après reconstitution.
- Jeter immédiatement tout flacon entamé si l’asepsie n’a pas été respectée, s’il est suspect de contamination, si son aspect a changé ou si la PCV a viré.
- Ranger les flacons réutilisables dans la boîte « à utiliser en priorité ».
Réduire la douleur
- Rester calme et utiliser des mots neutres (« maintenant, j’y vais » plutôt que « je vais piquer »).
- Faire tenir l’enfant par son parent ; l’enfant plus âgé est assis le dos droit.
- Ne pas aspirer pendant les injections IM.
- Plusieurs injections : de la moins douloureuse à la plus douloureuse.
Source : Manuel pratique PNI 2016, p. 67 à 74 et 78.
- Les doses de VAT (TT) déjà reçues restent valables : on ne recommence pas le schéma, on le poursuit avec le Td.
- Femme enceinte déjà vaccinée (1 à 4 doses) : 1 dose avant l’accouchement.
- Femme entièrement protégée : ne pas la vacciner (risque de réactions locales accrues), mais l’enregistrer comme « entièrement vaccinée par l’anatoxine tétanique ».
- Naissance protégée : l’accouchement a lieu pendant la durée de protection conférée par la dernière dose.
Malaise juste après le vaccin : vagal ou anaphylaxie ?
| Réaction vagale | Anaphylaxie | |
|---|---|---|
| Début | Au moment de l’injection ou juste après | 5 à 30 min après l’injection |
| Peau | Pâleur, sueurs, froid | Rougeur, éruption avec démangeaisons ; gonflement des yeux, du visage |
| Respiration | Normale à profonde | Bruyante, sifflante ou stridor (obstruction des voies aériennes) |
| Cœur | Bradycardie, hypotension transitoire | Tachycardie, hypotension |
| Digestif | Nausées, vomissements | Douleurs abdominales |
| Conscience | Perte de conscience transitoire, bonne réponse | Perte de conscience, réponse très faible |
Un évanouissement peut être pris à tort pour une anaphylaxie. Observation attentive et jugement clinique.
Après chaque vaccination
- Les vaccinés sont suivis de près pour déceler tout signe d’effet indésirable.
- Vaccin HPV : observation de 15 minutes après la vaccination, et traitement médical approprié disponible en cas de réaction allergique.
Sources : Manuel pratique PNI 2016, chapitre EIPV, p. 108 à 114 ; fiche GARDASIL® (DP-19/2022).
Réactions mineures
- Locales : douleur, œdème ou rougeur au site d’injection.
- Générales : fièvre, malaise, douleur musculaire, céphalées, perte d’appétit (environ 10 % des vaccinés).
- Surviennent 1 à 2 jours après la vaccination et disparaissent spontanément, sans séquelles.
- Exception RR : fièvre et signes généraux entre le 5e et le 12e jour.
Réactions graves
- Convulsions, thrombopénie, épisode d’hypotonie-hyporéactivité (EHH), réaction anaphylactique, encéphalopathie.
- Rarement mortelles, généralement sans problème à long terme, mais parfois invalidantes.
À notifier dans les 48 heures.
Effets attendus par vaccin
EIPV rares et graves
Fréquence pour 1 million de doses. Hib : aucun EIPV grave rapporté.
Autres causes d’un EIPV
- Erreur de vaccination : préparation, manipulation, conservation ou administration (ex. abcès). Évitable.
- Anxiété : liée à la peur ou à la douleur de l’injection, pas au vaccin (ex. malaise vasovagal).
- Coïncidence : serait survenu sans le vaccin (ex. mort subite du nourrisson).
- Défaut de qualité du vaccin ou du dispositif fourni par le fabricant.
Sources : Manuel pratique PNI 2016, p. 28 à 37 et 108 à 111 ; fiche ROTASIIL-Liquid® (DP/19) ; fiche GARDASIL® (DP-19/2022).
Que notifier ?
Tout EIPV qui inquiète les parents ou le personnel, et en particulier :
Au site d’injection
- Rougeur et gonflement jusqu’à l’articulation la plus proche.
- Douleur, rougeur, gonflement plus de 3 jours.
- Abcès (bactérien ou stérile), lymphadénite suppurée.
Fièvre
- Fièvre qui persiste au-delà de 24 heures.
- Fièvre élevée (39 à 40 °C) ou très élevée (≥ 40,5 °C).
Système nerveux
- Paralysie flasque aiguë : 4 à 30 jours après le VPO (4 à 75 jours après contact avec un vacciné).
- Convulsions, y compris fébriles : 0 à 2 jours après DTC, 6 à 12 jours après RR.
- Encéphalite, méningite, Guillain-Barré, névrite brachiale (2 à 28 jours après anatoxine tétanique), atteinte démyélinisante.
Autres
- Réaction allergique (éruption, sifflement, œdème du visage), choc anaphylactique.
- Cris persistants plus de 3 heures, enfant inconsolable.
- Hypotonie-hyporéactivité après DTC ou Penta (vers 3 à 4 heures).
- Invagination intestinale (dans les 21 jours), vomissements, diarrhée, douleurs abdominales.
- Ostéite, septicémie (7 jours), choc toxique (72 heures), BCGite généralisée (1 à 12 mois), thrombopénie (12 à 25 jours après RR), arthralgie persistante.
Tout décès, hospitalisation ou événement grave ou inhabituel dans les 4 semaines suivant la vaccination.
Fiche de notification (fiche jaune)
- Patient
- Identifiant, date de naissance ou âge, sexe, antécédents.
- Vaccin
- Date et heure, nom du vaccin et autres produits donnés juste avant, n° de lot et péremption, nombre de doses.
- Événement
- Date et heure d’apparition, description, évolution.
- Notificateur
- Nom, établissement, fonction, courriel, téléphone.
Une fiche complète permet d’établir le lien de cause à effet et d’obtenir un retour.
Où notifier ?
EIPV à investiguer
- Grappe : 2 cas ou plus du même événement liés dans le temps, le lieu ou le vaccin.
- Événement jamais décrit avec ce vaccin.
- Erreur de vaccination (abcès bactérien, septicémie, lymphadénite BCG, choc toxique).
- Événement grave inexpliqué dans les 30 jours suivant la vaccination.
- Événement qui inquiète fortement les parents ou la communauté.
Sources : Manuel pratique PNI 2016, p. 112 à 114 ; circulaire ROTASIIL-Liquid® (DP/19).
Tous les vaccins, sans interruption, jusqu’au moment de l’administration. Jamais congelés.
Relevé de température
- Deux fois par jour : le matin à l’arrivée et l’après-midi avant le départ, y compris les week-ends et les jours fériés.
- Noter chaque relevé sur le registre du relevé quotidien de température et de gestion des vaccins.
- Une personne responsable de la chaîne du froid, et une remplaçante en son absence.
- Réfrigérateur réservé aux vaccins, fermé à clé, avec un ou au mieux deux thermomètres.
- Régler le thermostat pendant la période la plus fraîche de la journée pour obtenir +2 à +4 °C. Entre +2 et +8 °C, ne pas toucher au thermostat.
Ranger le réfrigérateur vertical
- Garder les vaccins dans la boîte du fabricant, ne pas mélanger les lots.
- Laisser 2 à 3 cm entre les rangées ; rien contre les parois ; remplir au plus la moitié de l’espace (l’air doit circuler).
- Rien contre la plaque de l’évaporateur, surtout les vaccins sensibles au gel. Les solvants ne doivent jamais geler.
- Vaccins récents à droite et au fond, prendre à gauche : les plus anciens partent en premier.
- Placer en avant les vaccins dont la péremption est la plus proche ou qui ont subi un bris de la chaîne de froid. Utiliser en premier les flacons entamés et les PCV au stade 2.
- Mettre un autocollant « Ne pas débrancher » près de la prise électrique.
- Ni nourriture, ni boisson, ni autre médicament avec les vaccins.
Sensibilité des vaccins
Entretien du réfrigérateur
- À niveau, à 20 cm du mur et à 30 cm d’un autre appareil, sur un support de 10 cm, dans un local aéré, à l’abri du soleil et de toute source de chaleur.
- Fixer la prise au mur avec du ruban adhésif ; ne jamais débrancher le week-end ou les jours fériés.
- Porte hermétique, joint en bon état (sinon le signaler au responsable).
- Dégivrer dès que le givre atteint 5 mm. Plus d’un dégivrage par mois : porte ouverte trop souvent (plus de 3 fois par jour), porte mal fermée ou joint à changer.
- Nettoyer chaque mois ou après le dégivrage ; brosser le condenseur à l’arrière.
- Réfrigérateur à gaz : vérifier la charge de gaz.
Sources : fiche PNI « Rangement des vaccins dans le réfrigérateur vertical » ; Manuel pratique PNI 2016, chapitre 3, p. 41 à 52 ; séminaire PNI sur la chaîne de froid (février 2017).
Lire la pastille de contrôle (PCV)
Toucher le stade qui ressemble à la pastille du flacon.
La PCV montre l’exposition cumulée à la chaleur : elle fonce avec le temps et la température.
Test d’agitation
Pour un vaccin sensible au gel qui a pu être congelé. La PCV ne détecte pas la congélation. Pas pour le VPI : le test n’est pas fiable, le flacon doit être jeté.
- Prendre un flacon du même vaccin et du même lot, écrire « gelé » dessus : c’est le flacon témoin.
- Le mettre à −20 °C jusqu’à ce qu’il soit complètement solide, puis le laisser décongeler sans le chauffer.
- Prendre au hasard un flacon du lot suspect.
- Tenir les deux flacons dans une seule main et les agiter vigoureusement 10 à 15 secondes.
- Les poser côte à côte sur une surface plane et comparer la vitesse du dépôt (jusqu’à 30 minutes).
Freeze-tag
- Indicateur électronique placé avec les vaccins sensibles à la congélation.
- Passe de l’écran « bonne température » à « alerte » après 10 à 60 minutes en dessous de 0 °C.
- Valable 5 ans.
Sources : séminaire PNI sur la chaîne de froid (février 2017) ; Manuel pratique PNI 2016, p. 43, 44 et annexe 10 ; fiches VPI et GARDASIL®.
Bris de la chaîne de froid : conduite à tenir
Il y a bris dès que les vaccins sont exposés à moins de +2 °C ou à plus de +8 °C.
1. Relever au moment du constat
- La température à l’intérieur du réfrigérateur.
- La date et la durée du bris.
- Le nom, le n° de lot et la quantité des vaccins concernés.
2. Évaluer les vaccins
3. Protéger et informer
- Rebrancher le réfrigérateur ou, en cas de panne, transférer les vaccins dans un autre réfrigérateur fonctionnel, « en quarantaine » entre +2 et +8 °C.
- Les séparer des vaccins qui n’ont pas subi le bris.
- Informer les responsables hiérarchiques.
- Se réapprovisionner rapidement pour ne pas arrêter la vaccination.
- Rédiger un rapport de l’événement et le transmettre à la hiérarchie.
Ne pas utiliser ni détruire les vaccins exposés avant la décision des responsables hiérarchiques.
Un vaccin exposé à la chaleur ou au froid n’est pas forcément perdu : vérifier et évaluer son état d’abord. Les vaccins déclarés utilisables sont à utiliser en priorité.
Température hors de la plage
Trop basse (moins de +2 °C)
- Tourner le thermostat vers un chiffre plus petit pour remonter la température.
- Vérifier que la porte du freezer ferme bien (joint).
- Faire le test d’agitation sur les vaccins sensibles au gel.
Trop haute (plus de +8 °C)
- Vérifier que le réfrigérateur fonctionne et qu’il est alimenté.
- Vérifier la fermeture des portes et les joints.
- Dégivrer si le givre bloque l’air froid.
- Tourner le thermostat vers un chiffre plus élevé, sans faire geler.
- Si la température ne revient pas entre +2 et +8 °C, conserver les vaccins ailleurs jusqu’à la réparation.
Ne pas régler le thermostat plus froid après une coupure de courant ou à l’arrivée des vaccins : risque de congélation.
Flacons entamés
Conditions pour garder un flacon entamé : non périmé, conservé entre +2 et +8 °C, PCV non virée. Le ranger dans la boîte « à utiliser en priorité ».
Jeter tout de suite un flacon entamé si l’asepsie n’a pas été respectée, si une contamination est suspectée ou visible (aspect modifié, particules), ou si sa PCV a viré.
Panne ou dégivrage
- Transférer les vaccins dans un autre réfrigérateur ou une caisse isotherme garnie d’accumulateurs congelés.
- Débrancher ; retirer accumulateurs, bouteilles et bacs à glaçons.
- Un bol d’eau chaude dans le freezer accélère la fonte. Jamais de couteau ni d’objet pointu.
- Essuyer, sécher, remettre bacs et bouteilles, rebrancher. Ne pas toucher au thermostat.
- Remettre les vaccins quand la température est stabilisée entre +2 et +8 °C (au moins +4 °C).
Les appareils électriques doivent être branchés à un groupe électrogène. Ne jamais utiliser de glace sèche.
Caisse isotherme et porte-vaccin
- Accumulateurs bien congelés au fond, sur les côtés et par-dessus ; un thermomètre dans la caisse. Garder à l’ombre, couvercle fermé.
- Pour les vaccins sensibles au gel, utiliser des accumulateurs conditionnés (qui commencent à fondre).
- Envelopper de papier les vaccins sensibles au gel pour éviter le contact avec les accumulateurs : Penta, DTC, Td, VPI, HB, PCV, Rota.
- Porte-vaccin non ouvert : environ 24 heures selon la saison.
- Congélation des accumulateurs : 1 jour au freezer d’un réfrigérateur électrique, 1 à 2 jours au gaz, 1 à 2 heures au congélateur. Pas plus de 6 à la fois.
- Toujours garder en réserve une caisse et des accumulateurs congelés.
Retour de séance mobile
- Accumulateurs complètement fondus : jeter les flacons reconstitués ; vérifier les PCV et remettre vite au réfrigérateur les vaccins encore utilisables.
- Remettre les flacons gardés dans la boîte « à utiliser en priorité ».
- Remettre les accumulateurs au congélateur, puis relever et noter la température du réfrigérateur.
Sources : CAT en cas de bris de la chaîne de froid (PNI) ; séminaire PNI sur la chaîne de froid (février 2017) ; Manuel pratique PNI 2016, p. 42 à 52, 74 et 75.
Type de séance
Liste de préparation
Seringues à prévoir
- 0,05 ml (autobloquante ou rétractable) : BCG.
- 0,5 ml (autobloquante ou rétractable) : DTC, Penta, HB, Td, VPI et RR.
- 5 ml : reconstitution des vaccins lyophilisés (RR et BCG).
- Une seringue stérile à usage unique pour chaque injection, et des conteneurs de sécurité pour les flacons vides et les seringues.
Source : Manuel pratique PNI 2016, chapitre 4, p. 65 à 67, et stratégies vaccinales p. 23.
Accueil et enregistrement
- Réserver un bon accueil aux bénéficiaires.
- Trier les enfants et les femmes : état de santé en général, pas seulement vis-à-vis de la vaccination.
- Tenir compte des contre-indications temporaires.
- Peser l’enfant, noter son âge, établir les doses reçues et celles à donner aujourd’hui.
- Inscrire sur le carnet la date, le numéro de lot et la date de péremption du vaccin.
- Inscrire la date sur le registre et pointer l’acte sur la fiche journalière.
- Rendre le carnet aux parents : le garder et l’apporter à chaque visite.
- Rappeler à la mère la date du prochain rendez-vous.
Ne pas manquer une occasion de vacciner
Une occasion manquée : un enfant ou une femme vient au centre de santé et repart sans les doses qu’il pouvait recevoir.
- Contrôler l’état vaccinal de l’enfant et de la mère à chaque contact, quel que soit le motif de la visite (une diarrhée, par exemple).
- Vacciner tout de suite, ne pas renvoyer à plus tard.
- Donner le Td aux femmes en âge de procréer (15 à 49 ans), pas seulement aux femmes enceintes.
- Rhume, IRA, diarrhée ou fièvre < 38 °C ne contre-indiquent pas la vaccination.
- Administrer toutes les doses dues dans la même séance.
- Vacciner la mère en même temps que son enfant.
Clôture de la séance
- Compter les doses administrées de chaque vaccin sur la fiche journalière : elle sert au rapport mensuel.
- Flacons entamés : suivre les règles de la rubrique . Ceux qui peuvent resservir vont au réfrigérateur dans une boîte « À utiliser en priorité ».
- Éliminer seringues, aiguilles, flacons et déchets en toute sécurité.
En fin de séance mobile
- Porte-vaccin : si la glace des accumulateurs a fondu ou si le thermomètre dépasse +8 °C, jeter le vaccin, sauf si sa PCV montre qu’il est encore utilisable.
- Remettre dans le porte-vaccin les flacons non entamés et les flacons entamés réutilisables ; les flacons vides et les reconstitués entamés dans un récipient séparé.
- Point de vaccination : ne laisser aucun flacon, aucune seringue, aucune aiguille. Ramener les conteneurs de sécurité et les déchets au centre de santé.
- Au retour : flacons utilisables dans la boîte « À utiliser en priorité » du réfrigérateur, accumulateurs au congélateur, puis relever et noter la température du réfrigérateur.
- Nettoyer le porte-vaccin avec un linge mouillé et vérifier qu’il n’a pas de fentes.
Source : Manuel pratique PNI 2016, p. 67, 75 et 76 (déroulement et clôture), p. 93 et 94 (occasions manquées).
La séance éducative
Planifiée à l’avance. Ne parler que de la vaccination :
- Les maladies cibles et leurs dangers.
- La vaccination et ses avantages.
- Le calendrier de vaccination, son respect et l’intérêt des rappels.
- L’intérêt de conserver le carnet de l’enfant et celui de la femme.
- Les effets secondaires et les réactions après la vaccination.
- Les fausses rumeurs, pour les corriger.
Avant que la mère reparte
- Lui dire quand revenir et pour quel vaccin.
- La prévenir des effets secondaires possibles.
- Lui expliquer pourquoi il faut revenir pour les doses suivantes : c’est la première cause d’abandon quand ce n’est pas fait.
Parler avec un parent qui hésite
- Écouter, sans juger et sans confrontation. La plupart des parents ne sont pas contre la vaccination : ils veulent des réponses claires.
- Être franc sur les risques et les avantages : comparer les risques du vaccin à ceux de la maladie.
- S’adapter à ce que la personne veut savoir, sans jargon ni sigles.
- Utiliser des supports visuels, audio ou imprimés adaptés à la langue et au niveau d’instruction.
Faits à transmettre aux parents
- La vaccination est le moyen le plus efficace de se protéger contre ces maladies.
- Elle protège l’enfant et aussi son entourage, surtout ceux qui ne peuvent pas être vaccinés.
- Les vaccins apprennent au corps à se défendre ; les quelques antigènes d’un vaccin sont minimes face à ceux que l’enfant rencontre chaque jour.
- Les vaccins du PNI sont préqualifiés par l’OMS et chaque lot est contrôlé.
- Les effets graves sont très rares ; la plupart des réactions sont mineures et passent vite.
- Polio, diphtérie, rougeole et coqueluche peuvent tuer ou laisser des séquelles, et beaucoup n’ont pas de traitement efficace.
Source : Manuel pratique PNI 2016, p. 67 (séance éducative), p. 92 et 93 (abandons), chapitre 7 p. 117 à 120 (communication efficace).
Préventif : enfant de moins de 2 ans
| Âge | Vitamine D3 | Vitamine A |
|---|---|---|
| Naissance | n°1 · 100 000 UI | – |
| 6 mois | n°2 · 100 000 UI | n°1 · 100 000 UI |
| 12 mois | – | n°2 · 200 000 UI |
| 18 mois | – | n°3 · 200 000 UI |
Vitamine D : la D3 à 100 000 UI remplace l’ancienne vitamine D2 à 200 000 UI.
Donner un produit par la bouche au nouveau-né
Position
- Bébé en position semi-assise, inclinée à 30–45°.
- Tête en légère flexion, pour éviter l’extension du cou qui ouvre les voies respiratoires.
- Jamais le bébé complètement allongé sur le dos.
Technique
- Seringue orale graduée, sans aiguille, plutôt qu’une cuillère, surtout chez le prématuré ou le nouveau-né de faible poids.
- Déposer lentement le produit sur la face interne de la joue (sillon gingivo-jugal), pas au centre de la bouche.
- Petites quantités fractionnées, par exemple 0,2 à 0,5 ml à la fois, en laissant le bébé avaler entre chaque portion.
Surveillance
- Observer la succion, la déglutition et la respiration.
- Arrêter tout de suite en cas de toux, de cyanose, d’apnée ou de respiration ralentie.
- Si besoin, stimuler la déglutition par un léger massage sous le menton.
- Toux ou suspicion de fausse route : placer le bébé en position latérale de sécurité.
Ne pas forcer l’enfant à avaler. Reconnaître les signes de fausse route.
Troubles de la succion ou de la déglutition (prématurité, hypotonie, atteinte neurologique) : évaluation par une équipe spécialisée ; si le risque de fausse route est élevé, une autre voie d’administration peut être envisagée.
Sources : calendrier national de supplémentation en micronutriments (PNN) ; fiche technique PNN de la vitamine D3 ; recommandations nationales de bonnes pratiques pour l’administration orale aux nouveau-nés et aux nourrissons.
Femme enceinte
Une dose de fer = 120 mg de fer élément, soit 600 mg de sulfate ferreux heptahydraté ou 360 mg de fumarate ferreux. Adapter le nombre de comprimés au type de fer disponible dans l’ESSP.
Femme en post-partum : vitamine D3
Respecter impérativement un intervalle d’un mois entre la 1re et la 2e prise.
Ampoule buvable de 100 000 UI (solution huileuse), selon indication médicale.
Femme à risque : acide folique
5 mg par jour de vitamine B9, deux mois avant la conception puis pendant les trois premiers mois de la grossesse.
- Femme ayant déjà eu un enfant avec une malformation du tube neural, ou cas familiaux.
- Femme épileptique sous traitement (valproate de sodium, carbamazépine).
Sources : calendrier national de supplémentation en micronutriments (PNN) ; fiche technique PNN de la vitamine D3 ; circulaire DP-19/2023 n° 20 sur la supplémentation des femmes en post-partum par la vitamine D3.
Vitamine A curative (enfant de moins de 5 ans)
| Situation | 6 à 11 mois révolus | 12 mois et plus |
|---|---|---|
| Rougeole | 100 000 UI à J1, J2 et J30 | 200 000 UI à J1, J2 et J30 |
| Malnutrition sévère | Une dose de 100 000 UI | Une dose de 200 000 UI |
| Insuffisance pondérale | 100 000 UI si aucune capsule depuis 1 mois | 200 000 UI si aucune capsule depuis 1 mois |
| Anémie sévère | 100 000 UI, avec le fer/acide folique | 200 000 UI, avec le fer/acide folique |
| Diarrhée persistante | Une dose de 100 000 UI | Une dose de 200 000 UI |
Zinc en cas de diarrhée
Associé aux SRO à basse osmolarité, le zinc réduit le volume et la fréquence des diarrhées de l’enfant de 2 mois à 5 ans et prévient de nouveaux épisodes jusqu’à 3 mois.
Source : calendrier national de supplémentation en micronutriments (PNN), supplémentation curative chez l’enfant de moins de 5 ans.
Les nouveautés sont ajoutées à chaque mise à jour de l’application, à partir des circulaires et guides officiels du PNI.
Jawad AgoujimInfirmier polyvalent · Province de FiguigConception et développement · JawaDev
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